
Mis à jour le 27 août 2026 – par Mariya Vasyuk, Responsable marketing & design chez Colibrity Agency
L’essentiel en 30 secondes
Bonus non négligeable : un site accessible est mieux structuré, donc mieux référencé sur Google et plus facilement cité par les moteurs de réponse comme ChatGPT, Perplexity ou Google AI Overviews.
Depuis le 28 juin 2025, l’accessibilité numérique n’est plus réservée au secteur public : l’European Accessibility Act (directive UE 2019/882) s’applique aux entreprises privées.
Sont concernées en France les entreprises de plus de 10 salariés ou plus de 2 M€ de chiffre d’affaires qui vendent un service numérique aux particuliers : e-commerce, banque en ligne, transport, télécoms, médias audiovisuels, livre numérique.
Le référentiel applicable est le RGAA 4.1.2, transposition française des WCAG 2.1 niveau AA. Un site conforme au RGAA est conforme aux WCAG.
Les sanctions peuvent atteindre 50 000 € par service non conforme, et elles sont renouvelables. Les premiers contrôles de la DGCCRF ont démarré en janvier 2026.
Le niveau A ne suffit pas. Le standard attendu est le niveau AA.
C’est faux ! Quand on parle d’accessibilité numérique, il reste un préjugé tenace : ça ne concernerait que les sites d’administration et les plateformes dédiées aux personnes en situation de handicap.
C’est faux depuis juin 2025 – et ça l’était déjà commercialement avant.
Que vous soyez une préfecture ou que vous vendiez des Range Rover, si votre site accueille du public, il est concerné. Une boutique en ligne, un configurateur automobile, un cabinet d’avocats, une plateforme de réservation : l’accessibilité est devenue à la fois une obligation légale, un levier de conversion et un facteur de visibilité.
Voici où en est le cadre réglementaire, et ce qu’il faut faire concrètement.
Qui est concerné depuis le 28 juin 2025 ?
L’European Accessibility Act (EAA) est la directive européenne 2019/882. Elle a été transposée en droit français par la loi du 9 mars 2023, l’ordonnance n° 2023-859 du 6 septembre 2023 et le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023. Elle s’applique depuis le 28 juin 2025.
Avant cette date, l’obligation d’accessibilité numérique reposait sur l’article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 : elle visait le secteur public et les entreprises réalisant plus de 250 M€ de chiffre d’affaires en France. Autrement dit, presque personne dans le privé.
L’EAA change l’échelle. Sont désormais concernées les entreprises qui remplissent deux conditions cumulatives :
- Elles fournissent aux consommateurs un service numérique relevant de l’un des secteurs couverts.
- Elles dépassent le seuil de la micro-entreprise : plus de 10 salariés ou plus de 2 M€ de chiffre d’affaires annuel ;

Le point que la plupart des dirigeants ignorent : l’obligation ne s’arrête pas au site web. L’EAA impose une continuité d’accessibilité entre les canaux – site web, application mobile, terminal physique, et personnel formé à l’accompagnement des usagers en situation de handicap.
Et si vous n’êtes pas dans le périmètre ?
Un site vitrine de PME de 6 personnes n’entre pas dans le champ de l’EAA. L’exemption légale ne vous dispense pourtant pas du marché, pour trois raisons :
- Environ un consommateur sur cinq est en situation de handicap permanent ou temporaire — sans compter le vieillissement de la population.
- Les contrats B2B intègrent de plus en plus la conformité EAA comme exigence de chaîne : votre client grand compte peut vous l’imposer même si la loi ne le fait pas.
- Le SEO récompense le HTML sémantique, qui est exactement ce que demande l’accessibilité.
WCAG, RGAA, EN 301 549 : qui fait quoi ?
Trois sigles circulent et sont souvent confondus. Voici la hiérarchie réelle.
Les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) sont les normes internationales publiées par le W3C. C’est le socle technique mondial, décliné en principes, critères de succès et niveaux de conformité.
La norme européenne EN 301 549 est le standard harmonisé qui définit les exigences d’accessibilité des produits et services TIC dans l’Union européenne. C’est par elle que se démontre la conformité à l’EAA.
Le RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité) est la déclinaison française. Sa version 4.1.2 traduit les WCAG 2.1 niveau AA en 106 critères vérifiables, répartis en 13 thématiques : images, cadres, couleurs, multimédia, tableaux, liens, scripts, éléments obligatoires, structuration, présentation, formulaires, navigation, consultation.
En pratique : un site conforme au RGAA 4.1.2 est conforme aux WCAG 2.1 AA, et donc aux exigences de l’EAA pour sa partie web. C’est le RGAA que vous devez utiliser comme grille d’audit en France.
Niveaux A, AA, AAA : lequel viser ?
Les WCAG définissent trois niveaux de conformité.
- Niveau A – le socle minimum. Indispensable, mais insuffisant à lui seul.
- Niveau AA – le standard recommandé pour tous les sites, et le niveau exigé par le RGAA et par la réglementation européenne.
- Niveau AAA – le plus exigeant. Rarement atteint en totalité, mais un marqueur d’engagement fort.
Concrètement : respecter uniquement le niveau A, c’est dire « oui, mais pas trop ». Pour un site réellement accessible, confortable et conforme, le niveau AA est le point de départ, pas l’objectif ambitieux.
Si vous travaillez dans un domaine à forte responsabilité – santé, éducation, services publics, assurance – viser le AAA sur les parcours critiques devient un vrai différenciateur.
Pour consulter les recommandations officielles : les normes WCAG 2.1 sur le site du W3C, en français et le référentiel RGAA sur accessibilite.numerique.gouv.fr.
Quelles sanctions, et qui contrôle ?
C’est le vrai changement de régime. Pendant vingt ans, l’accessibilité numérique était une obligation sans contrôle. Ce n’est plus le cas.
- Le manquement à l’obligation d’accessibilité peut être sanctionné à hauteur de 50 000 € par service non conforme, avec possibilité de renouvellement de la sanction tant que la mise en conformité n’est pas engagée.
- L’absence de déclaration d’accessibilité est sanctionnée séparément.
- Les autorités de surveillance ont été désignées par secteur : DGCCRF pour le commerce électronique et les biens de consommation, ACPR pour la banque, ARCEP pour les télécoms, ARCOM pour les obligations déclaratives et l’audiovisuel.
- Les premiers contrôles de la DGCCRF ont démarré en janvier 2026. Des mises en demeure sont publiées.
À cela s’ajoute un risque civil : des associations engagent des actions pour discrimination sur le fondement du droit commun, indépendamment du régime administratif.
Vérifiez les montants applicables à votre situation auprès d’un conseil juridique : le régime de sanction varie selon le secteur et l’autorité compétente.
Les 6 actions à mettre en place sur votre site
Voici les chantiers qui ont le meilleur rapport effort/impact, avec la thématique RGAA correspondante.
1. Optimisez les contrastes et la taille des textes
Thématique RGAA 3 – Couleurs
Le rapport de contraste minimum attendu au niveau AA est de 4,5:1 pour le texte courant et de 3:1 pour les grands textes (à partir de 24 px, ou 18,5 px en gras). Évitez le gris clair sur fond blanc, et prévoyez une taille de police confortable, en particulier sur mobile.
Résultat : une lecture plus fluide, moins d’abandon sur mobile, une meilleure expérience sur tous les écrans – et un signal positif pour le SEO.

2. Structurez vos pages avec une hiérarchie de titres claire
Thématique RGAA 9 – Structuration de l’information
Un seul H1 par page, des H2 pour les sections, des H3 pour les sous-sections, sans saut de niveau. Aérez les textes, utilisez des listes, des intertitres, des blocs lisibles.
Résultat : navigation facilitée au lecteur d’écran, compréhension plus rapide, meilleure indexation par Google – et une page bien plus facile à découper et citer pour les moteurs de réponse IA.

3. Ajoutez des textes alternatifs pertinents à vos images
Thématique RGAA 1 – Images
Chaque image porteuse d’information doit avoir un attribut alt clair, utile et descriptif. Les images purement décoratives, elles, doivent avoir un alt vide (alt="") pour ne pas polluer la lecture.
Résultat : un site inclusif, plus visible dans Google Images, et des visuels que les modèles de langage peuvent réellement interpréter.

4. Rendez tout le site utilisable au clavier
Thématique RGAA 12 – Navigation
Tous les éléments interactifs doivent être atteignables à la touche Tab, dans un ordre logique, avec un indicateur de focus visible. Aucun piège au clavier dans les modales, menus déroulants ou carrousels. Ajoutez un lien d’évitement vers le contenu principal.
Résultat : c’est le test le plus rapide à faire vous-même – et souvent celui qui révèle le plus de problèmes sur les sites animés.
5. Étiquetez correctement vos formulaires
Thématique RGAA 11 – Formulaires
Chaque champ doit avoir un <label> explicitement associé. Les erreurs doivent être décrites en texte, pas seulement signalées par une bordure rouge. Le placeholder ne remplace jamais une étiquette.
Résultat : c’est le chantier le plus rentable sur un e-commerce, parce qu’il touche directement le tunnel de commande.
6. Sous-titrez vos vidéos et vos contenus animés
Thématique RGAA 4 – Multimédia
Sous-titres synchronisés pour toute vidéo avec dialogue, transcription textuelle pour l’audio, et possibilité de mettre en pause toute animation qui démarre automatiquement.
Résultat : vos vidéos deviennent consultables en environnement silencieux — c’est-à-dire par la majorité de vos visiteurs mobiles.
La déclaration d’accessibilité et le schéma pluriannuel
Deux obligations formelles souvent oubliées, et pourtant les plus faciles à contrôler pour une autorité de surveillance :
- La déclaration d’accessibilité : un document publié et accessible depuis la page d’accueil, qui indique le référentiel appliqué, le taux de conformité constaté, les contenus non conformes et un moyen de contact pour signaler un défaut d’accessibilité.
- Le schéma pluriannuel de mise en accessibilité, accompagné d’un plan d’action annuel.
Un audit RGAA est le préalable : il ne suffit pas de déclarer, il faut pouvoir justifier le taux annoncé.
Combien coûte une mise en conformité ?
Le coût dépend de la taille du site, de sa complexité fonctionnelle et de l’écart initial avec le référentiel. Les ordres de grandeur sur le marché français :
| Poste | Fourchette indicative |
|---|---|
| Audit RGAA complet | 1 500 – 3 500 € |
| Corrections techniques | 3 000 – 15 000 € |
| Formation des équipes éditoriales | 500 – 1 500 € |
Pour un site vitrine standard, comptez un budget global de 5 000 à 10 000 €. Pour un e-commerce avec configurateur, tunnel de commande et espace client, le chiffrage se fait au cas par cas.
L’arbitrage réel n’est pas « audit ou pas audit ». Si une refonte est déjà à l’ordre du jour, intégrer l’accessibilité dès la conception coûte une fraction de ce que coûte une remise en conformité après coup – parce qu’on ne corrige pas, on construit juste correctement.
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C’est le bénéfice le moins mis en avant, et pourtant le plus mesurable.
L’accessibilité repose sur du HTML sémantique : hiérarchie de titres cohérente, listes réellement balisées, tableaux avec en-têtes, liens explicites, alternatives textuelles, structure de page prévisible. Or c’est exactement ce dont ont besoin :
- Les moteurs de recherche, pour comprendre la structure et l’importance relative de vos contenus ;
- Les moteurs de réponse génératifs (ChatGPT, Perplexity, Google AI Overviews, Claude), qui découpent les pages en passages autonomes avant de les citer. Une page bien structurée, avec des réponses claires sous des titres explicites, est une page citable. Une page dont l’information n’existe qu’en image, en carrousel non balisé ou en animation JavaScript est invisible pour eux ;
- Les lecteurs d’écran, qui lisent la même structure sémantique.
Autrement dit : les trois publics lisent votre code de la même manière. Un site accessible n’est pas un site appauvri, c’est un site correctement construit.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le RGAA ?
Le RGAA est le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité, publié par la DINUM. Sa version 4.1.2 traduit les WCAG 2.1 niveau AA en 106 critères vérifiables répartis en 13 thématiques. C’est la grille officielle d’audit d’accessibilité en France.
Quelle est la différence entre le RGAA et les WCAG ?
Les WCAG sont les normes internationales publiées par le W3C. Le RGAA en est la transposition française, adaptée au cadre juridique national et transformée en critères de test opérationnels. Un site conforme au RGAA est conforme aux WCAG.
Mon site vitrine est-il concerné par l’obligation d’accessibilité ?
Un site vitrine d’entreprise privée n’entre dans le champ de l’EAA que si l’entreprise dépasse 10 salariés ou 2 M€ de chiffre d’affaires et fournit un service numérique dans l’un des six secteurs couverts. En dehors de ce périmètre, l’accessibilité reste une bonne pratique, pas une obligation — mais elle peut être exigée contractuellement par vos clients B2B.
Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ?
Les manquements peuvent être sanctionnés jusqu’à 50 000 € par service non conforme, avec un renouvellement possible de la sanction. L’absence de déclaration d’accessibilité constitue un manquement distinct. Les contrôles sont conduits par la DGCCRF, l’ACPR, l’ARCEP et l’ARCOM selon le secteur.
Comment tester l’accessibilité de mon site rapidement ?
Trois tests gratuits en dix minutes : naviguez sur une page entière uniquement au clavier (touche Tab) ; vérifiez vos contrastes avec un contrast checker ; passez la page dans un validateur automatisé comme Lighthouse, axe DevTools ou Wave. Ces outils détectent environ 30 % des critères – ils repèrent les problèmes évidents, mais ne remplacent pas un audit RGAA manuel.
Faut-il une refonte complète pour être accessible ?
Non dans la majorité des cas. Sur un site correctement développé, l’essentiel se règle par des corrections ciblées : contrastes, structure de titres, alternatives textuelles, étiquettes de formulaires, focus clavier. La refonte devient pertinente quand le socle technique lui-même bloque — carrousels non accessibles, composants JavaScript propriétaires, animations non désactivables.
À savoir
Chez Colibrity Agency, nous concevons des sites e-commerce, des plateformes de réservation et des sites vitrines interactifs et immersifs, entièrement sur mesure. Grâce à des technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, la réalité augmentée ou virtuelle, nous imaginons des parcours utilisateurs radicalement différents de ceux des sites internet traditionnels.
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